FRATERNITE, UNITE, MOBILISATION POUR LES HABITANTS DE NOTRE TERRITOIRE

2015 a commencé dans le chaos… Bien sûr, des sombres premiers jours de janvier, il reste l’effroi, la colère, la solidarité avec les victimes des attentats et leurs familles. Bien sûr c’est la liberté, mère de la vérité qui ne peut jaillir que du libre mouvement des idées, que nous défendons. Mais la force dialectique des événements qui provoquent une telle accélération de l’histoire, c’est d’être à la fois tragiques (comme l’est toujours l’histoire) et de susciter des réflexions nouvelles, d’ouvrir de nouveaux chemins.

Un premier chemin est de parler à nouveau, vraiment, profondément des valeurs de la République, au delà de l’incantation. Un pays qui compte près de 5 millions de chômeurs sur 30 millions d’actifs dysfonctionne nécessairement. Lorsque la pensée dominante repose sur l’intégration sociale par le travail, et l’épanouissement par la possession, par  l’ « avoir », on mesure la douleur et la rage de ceux qui n’ont accès qu’aux miettes. Au delà de ce qu’ils sont en tant qu’individus, les meurtriers des 7 et 8 janvier sont des enfants de la République, et ils ont voulu la tuer. Comment en sommes nous arrivés là ? Comment la République est-elle devenue capable d’enfanter des individus qui aujourd’hui veulent l’abattre ? N’est-ce pas elle qui les a étouffés ? Ne nous sommes nous pas habitués, avec le temps, à l’inégalité, à la misère, à la fatalité du déclassement ? N’avons nous pas accepté l’inacceptable ? La République nourrit-elle avec les mêmes soins tous ses enfants, se donne-t-elle vraiment les moyens de leur donner toutes leurs chances, de réduire l’inégalité de condition ? assume-t-elle encore pleinement d’être la main visible qui tord et contraint la main invisible du marché ? Ces questions n’ont pas vocation à excuser les actes criminels, mais à comprendre ce qui les suscite pour prévenir d’autres crimes. Elles doivent irradier toutes nos réflexions sur la politique de l’éducation, sur la répartition des richesses, sur ce qui constitue la richesse elle-même. La République est-elle la béquille d’un système qui nous aliène, nous réduit à la possession de biens, la consommation, et oriente nombre de ses politiques vers cet horizon réputé indépassable du bonheur ? ou bien doit-elle se concentrer sur la manière de nous permettre, à tous, de devenir ce que nous sommes, nous autoriser à « être » avant que d’ « avoir »?

Un second chemin est celui d’une réflexion à mener sur le fait religieux. Il va de soi qu’aucune des religions du Livre n’autorise, ni encourage le crime. Prétendre le contraire relèverait du contresens. La guerre sainte, dans toutes ces spiritualités, c’est d’abord la lutte intérieure contre l’obscur, l’ignorance. De ce point de vue, et paradoxalement, les attentats de janvier 2015 vont desserrer l’étau conceptuel et offrir une possibilité d’engager une grande réflexion sur ce qui était passé sous silence jusqu’alors et considéré comme vérité intangible. Oui, par le fait d’un virage historique identifié, l’Islam a subit l’influence du wahhabisme qui l’a rendu dur, intransigeant, et à l’opposé du message symbolique et humaniste qu’il porte. Oui, il existe une compatibilité entre des humanismes différents, l’humanisme socialiste et l’humanisme porté par la spiritualité religieuse. Oui, il est possible d’articuler, de faire vivre ensemble, ces humanismes dans un projet commun tourné vers l’épanouissement des individus, le respect des différences, la liberté, l’égalité et la fraternité.

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